Tranches de vie... toutes ces choses qui font le canevas d'une vie entre rêve et réalité... fantasme et jouissance
C'est un post un peu dur mais très important pour mon journal et pour moi. Ceux qui me connaissent, ceux qui me lisent depuis le début, savent la cicatrice que je porte. Alors vous ne serez pas surpris de savoir que j'ai suivi avec attention l'affaire Courjault. Cette affaire m'a particulièrement touchée lorsqu'elle a éclaté. Période de vie pleine de doutes, de questions, de culpabilité. Et puis, l'histoire avec le père de ma fille était au pire moment de monstruosité.
Oui même si je suis cette femme qui s'assume, peut être certains seront choqués de lire ce post, mais tant pis!
Oui je suis bouleversée par cette histoire. Me dire, me qualifier comme cette femme, même si les tenants et surtout les aboutissements ont été différents pour moi et pour nous, et heureusement! Quand cette affaire a éclaté, je me suis comparée à elle! Je sais aujourd'hui que c'est une erreur, que c'est faux! Ma décision a été toute autre, toute aussi monstrueuse peut être mais la meilleure condition qui soit à l'époque. Bien sûr que ma psy m'a aidée à comprendre, à trouver certaines réponses. Oui je suis cette femme de 34 ans qui a souffert, qui profite de la vie, qui a touché le fond et qui sait que trop bien aujourd'hui que la vie peut être difficile et destructrice. Oui je suis cette femme, qui assume ces choix quelqu'ils soient, et qui assume son passé et les jugements.
Alors en suivant cette affaire, j'ai aussi lu les commentaires qui ont été faits. Et je suis touchée par ces derniers. Même si ils ne me sont pas destinés, je sais combien le regard sur le déni de grossesse est dur à endurer, à vivre! Le jugement est tellement facile.
Mais en lisant le verdict, je me trouve détachée émotionnellement. J'ai grandi! J'ai avancé! Ma cicatrice est là, présente, chaque jour qui passe. Comment cela se manifeste-t-il? Tellement de choses! Un regard de petite fille, un rire, un sourire... Tout me ramène à elle! Tout me ramène à mon geste, à mon choix. Parfois j'ai peur, parfois je souffre en silence, souvent elle me manque! Je m'interdis les maternités, suis mal à l'aise avec les femmes enceintes, suis incapable d'être en présence d'un nouveau né, ne supporte pas les pleurs. Mais je sais que tout çà va passer. Oui tout çà va s'estomper, sans que l'oubli se fasse.
Mon acte a été le résultat de la peur, de non-dits, d'angoisses. Je le sais! Aujourd'hui je vis, je sais que je n'aurai jamais d'enfant, plus jamais! Une fois je n'ai pas senti la vie en moi, et j'ai si peur que cela recommence une nouvelle fois, que je suis la plus prudente qui soit. Un jour de retard est c'est la panique à bord! Et je sais que je ne serai jamais prête à revivre la maternité. Pour des milliers de personnes c'est la plus belle chose qui soit, mais pour moi c'est la pire des éventualités!
Je sais que ce que je dis peut choquer mais c'est moi, moi au profond de mon être!
Alors 8 ans, cela me fait sourire jaune pour trois infanticides! Il y a quelques années, je me serai dit "mais qui suis-je pour juger?" aujourd'hui, je peux me permettre de juger et j'en ai la légitimité! Pourquoi? Parce que cette affaire a fait que de nombreuses femmes comme moi en ont souffert, se sont cachées et ont subi les foudres de l'opinion publique! Oui le déni de grossesse existe, mais heureusement que nous ne prenons pas toutes cette solution définitive. Alors oui, je suis d'accord avec certains psy, ce n'est pas de la prison qu'il lui faut, c'est un suivi psychiatrique. Dans un an, elle sera au sein de sa famille. Et elle pourra recommencer si elle n'est pas aidée! Je ne dis pas qu'elle en a conscience, juste que c'est un mode de fonctionnement psychologique!
Alors ce post au milieu des autres peut choquer mais c'est moi, ma vie, avec ces ombres et ces rires. Chaque jour qui passe même si je joue, même si je suis cette femme libérée et libre, je n'oublie pas ce bout de moi. Aujourd'hui j'en parle avec appréhension mais sans honte, aujourd'hui j'assume ce passage de ma vie, et aujourd'hui j'ose dire ma fille! Même si elle ne le sera jamais... Mais je l'ai démysthiphiée, et puis en parler c'est accepter mon geste et me dire qu'effectivement... Elle vit!