Tranches de vie... toutes ces choses qui font le canevas d'une vie entre rêve et réalité... fantasme et jouissance
Mon surnom quand j'étais ado? Miss Kleenex! Pourquoi? Tout simplement, car lorsque quelqu'un avait un souci, un chagrin, on venait me parler et pleurer sur mon épaule. Du coup, mes potes m'avaient surnommée ainsi. Sympa! Et puis, il y a quelques années, ils se sont cotisés et m'ont offert un T Shirt avec floqué dessus : "Pas les moyens de voir un psy? Nous avons la solution... S!" Ils étaient mort de rire et moi aussi d'ailleurs sur le coup. Mais c'est tellement réaliste, et je m'en rends compte encore aujourd'hui! C'est peut-être à cause de ce trait de caractère, ou peut-être à cause de cette empathie exacerbée, que j'ai envers mon contemporain, que j'ai fait mes études de psycho, je ne sais pas.
Toujours est-il que cette capacité à écouter est toujours présente. Je la croyais estompée voire disparue mais non... Elle est toujours là... Il faut dire que cette faculté m'a fait avoir des moments hors normes et tragi-comiques. Si je vous assure! Un exemple? Il y en a tellement...
Un soir nous sortons avec notre petite bande (il y a une dizaine d'années) et je flashe sur un mec dans un bar. On commence à papoter, à se dragouiller et me demande ce que je fais dans la vie. Jusque là classique. Je lui réponds naturellement que je suis en maîtrise de psycho. Et là mon apollon se transforme sous mes yeux. Il commence à me parler de son ex copine, à me parler des problèmes de communication avec ses parents et notamment son père, me demande si cela joue sur ses relations avec les filles. Il devient triste, m'avoue avoir des problèmes d'érection quand il est amoureux, et blabla... Je le vois commencer à chouiner, pleurer, se laissant embarquer dans ses émotions. Et je me liquéfie! C'est la dernière fois que je disais à un mec que je rencontre que j'étais en psycho. Pas un sujet tabou, mais entre ceux qui vous parlent plus et fuient de peur que vous les analysiez, et ceux qui veulent une thérapie gratuite, alors que vous n'avez pas les compétences, bonjour galère! Du coup, mes potes mort de rire m'offriront le fameux t shirt un mois après. Sic!
Pourquoi je parle de çà maintenant? Car j'ai repris mon rôle de Miss Kleenex depuis deux jours. Comme si moi j'allais bien! Mais bon... Nous sommes restés très proches avec le père de ma fille, malgré tout ce qu'il s'est passé de glauque entre nous. La violence des mots et des coups n'a jamais pris le pas sur la tendresse que nous avons l'un pour l'autre. Tellement étrange... Aujourd'hui je suis détachée sentimentalement de cet homme, l'homme de l'ombre, même si quelques fois, mais tellement rare aujourd'hui, j'ai peur de ses réactions et de ses colères, nous arrivons à parler, à discuter. Nous avons avancé et nous avons fait notre deuil en quelque sorte. Mais l'amitié est toujours présente. C'est vrai que peu comprenne que nous soyons toujours aussi proches avec tout ce qui s'est passé entre nous, mais je ne l'explique pas. Même si je fais ma vie et me sens libre, il restera à jamais le père de ma fille et ne plus le voir, ou ne plus le sentir dans un certain périmètre me ferait la perdre une seconde fois. Enfin... Je viens de passer 48 heures à lui parler, à le veiller, à le rassurer, à l'écouter, à essayer de lui redonner confiance. Confiance en lui, confiance en son nouveau couple, en sa nouvelle vie... Je suis épuisée... Mais... Soulagée!
Oui soulagée car je n'ai plus cette culpabilité dévorante envers notre histoire, notre passé... La page n'est pas tournée, mais nous avons cicatrisé en quelque sorte. Nous essayons d'avancer et de nous reconstruire chacun de notre côté. Alors oui, j'ai été cette Miss Kleenex pendant 48 heures, oui cela m'épuise mais là tout de suite je suis bien. Épuisée mais bien car si je ne culpabilise plus pour notre histoire et mes erreurs, alors je n'ai plus à culpabiliser pour quoique ce soit! La vie est une littérature, et ma vie j'en suis l'auteur!
Je fais ce post car cet homme de l'ombre vient de m'appeler pour me dire qu'il avait compris, qu'il allait se battre, et que je lui avais redonné confiance en lui. Il m'a remercié de l'avoir écouté et veillé durant ces deux jours. Çà m'a fait du bien de l'entendre me dire çà. Je suis détachée sentimentalement de lui... Et en cette fin de matinée, je suis à nouveau sereine. Mon ex amoureux? Je ne culpabilise plus... Quelques heures après mon dernier post, et hop, envolée cette culpabilité! Elle ne sert à rien, à part à pleurer et s'apitoyer... Et je ne suis plus cette femme! J'avance! Je ne sais pas où m'emmènera mon histoire avec H, mais je veux profiter de chaque instant, chaque moment. Je vous avais dit que j'étais cyclothymique... Sourire... En voici un exemple fulgurant!
Alors je m'en fiche si les gens apprécient ma compagnie pour me parler et se vider, à partir du moment où ils retrouvent la force d'avancer. Je ne suis plus une éponge. Je n'attrape plus le mal-être des autres pour m'engouffrer dans la nostalgie. Je sais me parer contre les attaques, je sais profiter des petits moments de bonheur... Je suis bien dans mes basques, et Basta!