Tranches de vie... toutes ces choses qui font le canevas d'une vie entre rêve et réalité... fantasme et jouissance
Mélancolique comme à chaque fois que je suis ici, que je suis à cet endroit emprunt d'histoires et de contes... Les Monts d'Arrée! Bien sur que j'ai sauté sur l'occasion pour démarcher sur ce coin de France. Et puis c'était l'occasion de revoir mon Juju! Il n'a pas changé... Un peu vieilli mais pas changé! Ses un mètre quatre vingt dix huit me rendent toujours aussi minuscule. Comme j'ai aimé me resserrer contre lui hier soir quand il est arrivé au rendez-vous. J'ai toujours aimé sa puissance tendre autour de mon corps, comme mon point d'ancrage!
Nous avons été boire un verre... Bizarre de se retrouver en tête à tête après six ans de silence, enfin pas de silence mais presque. Il est un peu triste, dû à sa rupture d'y il y a quelques semaines. Notre début de conversation est tout en timidité, tout en retenue. Nous avons tellement changé durant ces six années. Mais très vite on reprend notre connivence, nos sourires, nos échanges de regards complices sur la serveuse de la crêperie où il m'a emmenée.
Nous avons passé une soirée toute en douceur. Cela m'a réchauffée de le revoir, de voir, d'entendre qu'il tenait toujours à moi, même si nos sentiments ont changé. Nous avons parlé et parlé et encore parlé, presque toute la nuit. Je ne me lasse pas de nos discussions. Ju ne connais pas Beaver, il ne connait et n'a connu que Stef, et cela m'a fait tellement de bien cette soirée complice. Je n'ai plus de remords; nous en avons parlé, et nous sommes d'accord tous les deux, on se serait fait mal, on se serait détruit, mais là nous avons traversé des tourments chacun de notre côté, mais nous deux c'est toujours aussi fort. Et puis cela m'a permis de voir que j'étais détachée sentimentalement de lui.
Nous avons le déclic du changement de notre relation hier soir. Si nous étions restés ensemble, nous aurions vécu un semblant d'inceste, car nous sommes aussi proches que des frères et soeurs. Je l'aime de cet amour qui ne change pas, qui est toujours présent, une évidence! Une évidence de sa place dans ma vie, et de la mienne dans la sienne! Je suis rentrée à l'hôtel sereine et heureuse. Heureuse de l'avoir revu, heureuse d'avoir puisé son amour pour moi, et me ressourcer de lui.
Mais il me manquait quelque chose. Ce matin, avant de partir en rendez-vous, j'ai coupé à travers, à travers les pentes et les pinèdes. Et je suis montée sur la montagne St Michel. Cette montagne! Mon fief! Un peu plus de 380 mètres d'altitude, son histoire me bouleverse. La première fois que je suis montée à son sommet c'était en 1995. A son sommet, une chapelle celtique, et une stèle extérieure à côté de laquelle gît une table d'offrande en granit. De cette montagne, on voit tous les Monts d'Arrée, on aperçoit les Montagnes Noires.
Le vent y claque, même si en bas il n'y a pas un souffle. Et elle est aride. Elle est la porte des enfers. Tout y aride sur les flancs, et pourtant... Pourtant son sommet n'est que verdure, bruyères, fleurs et senteurs. J'aime m'y installer, debout, tout au bord, face au lac en contre bas, et humer l'air. Laisser sa magie, son atmosphère remonter de la terre et envahir tout mon être, tous mes sens en éveil. Je ne sais combien de temps je suis restée ainsi, seule, sans touriste vu l'heure matinale, sous le soleil timide de début de journée. Les yeux clos, j'ai senti sa force, sa sérénité m'envahir...
Mais il a fallu reprendre le cours de ma vie... Je suis redescendue... Mais j'ai passé ma journée posée... Ressourcée... Sereine!
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