Tranches de vie... toutes ces choses qui font le canevas d'une vie entre rêve et réalité... fantasme et jouissance
Libre! Enfin libre, définitivement et je n'arrive toujours pas à m'y faire ou à le croire. Pourtant cela fait des années que j'espère, que je rêve ce moment. Ça y est! La page est tournée, et un premier Avril, il y a de quoi sourire. Quel comique de situation en y réfléchissant...
Pour certains qui me suivent depuis mon arrivée sur ce blog, vous savez que j'ai une cicatrice indélébile, et cette journée y est liée. Cet épisode morbide de ma vie a été synonyme de déchirures et de violences, tant physiques que verbales, avec mon ex. Je me suis attachée à lui il y a bientôt neuf ans, et nous avons vécu des périodes euphoriques mais aussi beaucoup de drames et de galères. Deux âmes perdues et malheureuses, qui au lieu de se faire du bien se détruisent. Notre relation a toujours connu des hauts et des très bas. Totalement soumise à son magnétisme, puis tellement culpabilisée par mon geste, j'ai tout accepté de lui. Jusqu'au point de m'oublier totalement en tant que personne. Je lui parlais de tout, de mes envies, de mes rêves, et si il était contre, j'abandonnais, me disant qu'il avait raison, ou bien ne voulant pas déclencher les hostilités.
Petit à petit, notre relation a empiré, devenant de plus en plus stérile et dangereuse. Alors fin 2005, sur un coup de colère, un de plus, il m'a mis dehors pour la énième fois; et je n'y suis jamais retournée. Pour la première fois, j'ai commencé à dire non, à me prendre en main. J'avais trouvé un boulot qui me plaisait, un appart dans l'urgence, et je m'y suis tenue. Mais les harcèlements ont commencé, les menaces. Je me suis enfermée, emmurée. J'ai coupé les ponts avec toute vie sociale, seul mon boulot me faisait sortir. Mes amis? Ils avaient choisi leur camp, et ne voulaient surtout pas subir les foudres de mon ex, donc ils ont fait les morts. Certains m'ont même dit que c'était mieux pour moi, de me faire de nouveaux amis. Message bien reçu!!
Les périodes où mon ex était bien, je n'avais pas de nouvelles, je pouvais vaquer à mes occupations, avoir un semblant de vie, et puis dès qu'il avait une baisse de régime, je le voyais rappliquer, tantôt gentil pour mieux m'en mettre plein la tronche après. Il avait mal, je l'avais trahi, et j'acceptais cette destruction. J'avais peur. Peur de ses réactions, de ses mots. Tétanisée! Jamais je n'aurai imaginé que je deviendrai cette femme, pourtant de caractère, mais qui subissait toute cette vihilité.
Quand j'ai rencontré mon "amoureux" en 2007, cela a été très compliqué. Mon ex pouvait m'appeler sans arrêt, alors qu'il me savait pas dispo. Il pouvait se trouver n'importe où, et le fait de savoir qu'il pouvait surgir n'importe où, n'importe quand m'angoissait. Et puis, il a fini par accepter que je vois quelqu'un. Cela fait quelques mois...
Mais à côté de çà, je me souviens des bons moments, de son caractère doux et tendre, de sa culture. Nous discutions beaucoup, nous étions amis avant d'être amants, et j'ai toujours eu énormément d'affection pour lui. Je me suis toujours inquiétée pour lui, j'ai toujours essayé de prendre soin de lui, et dieu sait qu'il en avait besoin. Mais cela ne suffisait pas, cela ne lui suffisait pas.
Peut-être parce qu'il est le père, peut-être car il a partagé des moments très durs avec moi, peut-être parce qu'il m'a empêchée de me foutre en l'air en 99, je me sentais redevable envers lui. Je ne sais pas... Tous mes proches, qui nous ont connus ensemble et qui sont encore là aujourd'hui, ou mes proches actuels, me disaient de couper les ponts, mais je ne le pouvais pas. Même si cela fait quelques mois, où avec mon ex nous avons des échanges espacés et sereins, cela m'était impossible, toujours la crainte d'un pétage de plombs. Et puis mon nouveau boulot m'a fait prendre la route souvent, et çà nous a permis de nous éloigner naturellement. De nous construire l'un sans l'autre, d'apprendre à vivre avec notre blessure commune chacun de notre façon.
Hier soir, nous nous sommes appelés, il fallait qu'on se voit aujourd'hui, pour certains problèmes administratifs qui ne sont pas encore réglés. Il m'a lancé que çà tombait bien, qu'il fallait qu'il me parle. J'angoisse! Il le sent. Me dit qu'il y a rien de grave. Il essaie de me rassurer, mais qu'il aimerait qu'on arrête de se voir, de se parler. Qu'il faudrait qu'on continue notre chemin chacun de notre côté, indépendamment l'un de l'autre. Qu'il sait pas trop comment me le dire, car il veut pas que je le prenne mal, il sait que j'ai toujours été là pour lui, surtout dans les mauvais moments. J'acquiesce. Je pense en effet qu'il est temps de passer à autre chose.
Lorsque j'ai raccroché, j'étais soulagée et presque triste. Cette histoire prend fin. Elle est finie, une page de tourner! Ma blessure n'est qu'à moi, et uniquement à moi. J'avais peur de mal le vivre sur le coup. Que cet éloignement me fasse encore m'éloigner d'elle, et me renvoie indéniablement à ma perfidie de l'époque. Alors ce matin, en repartant de notre rendez-vous, j'ai compris. Sa nouvelle est arrivée, ils se sont embrassés, et la façon dont il l'a regardé... Il l'aime! Il est passé à autre chose, à une autre histoire, il a des projets... Même çà, nous n'en avions pas ensemble.
Je vais enfin respirer librement, sans avoir peur de mon ombre. Ma cicatrice? J'ai appris à vivre avec... Un coup de masque quand çà va pas, une petite facétie et le tour est joué. Peu me connaissent vraiment sans masque... Mais je sais qu'il sera plus léger maintenant... Le chapitre est clos... certainement quelques flash-back passeront de temps en temps, mais plus comme avant.
A suivre....